La cyclotrappiste – 3 abbayes trappistes de Wallonie

Tout commence par une bière…

Audrey et moi avions envie de refaire un voyage à vélo… Maintenant que les filles sont plus grandes, nous prévoyons plusieurs jours sans elles pour réaliser un nouveau projet. Et comme on aime la bonne bière et le bon fromage, on se dit:

« Pourquoi pas faire le tour des abbayes trappistes de Wallonie? ».

Il ne reste plus qu’à choisir les abbayes! On se tourne vers Orval, Chimay et Rochefort… et toi, tu aurais choisi lesquelles?

L’idée est lancée… On passe à la planification du voyage, on prépare le parcours, … et c’est parti!

Le parcours

Nos critères

  • Passer par 3 abbayes trappistes de Wallonie
  • Privilégier les pistes cyclables. Pour affiner le parcours, nous commandons les cartes RAVeL gratuites de la Région Wallonne.
  • Ajouter un peu de chemins non-asphaltés pour éviter certaines grandes routes ou nationales et pour pouvoir trouver de super spots pour bivouaquer.
  • Pas trop de dénivelés

Durée

Audrey ne fait plus de sport depuis 2 ans… nous tablons donc sur 5 jours de voyage.

Ce qui nous fait un 50 km par jour. C’est donc à priori plutôt tranquille… Ce sera costaud quand même!

On arrive à…

Un total de 263 km et presque 2000 m de dénivelé positif … pour lier Orval, Chimay et Rochefort.

La semaine avant

Matériel

Nous commençons à rassembler tout le matériel et à monter les vélos afin de s’assurer que tout rentre dans nos bagages. Je vais en profiter pour mettre à jour ma liste du matériel indispensable et y ajouter une partie Bikepacking.

L’idée est que je porte tout, sauf les habits d’Audrey et la nourriture. Ainsi, je teste mon autonomie… Si j’ai envie de partir seul, il ne me restera plus qu’à caser la nourriture… je vais y réfléchir.

Idéalement, il nous aurait fallu une batterie pour que le GPS tienne 5 jours. Mais nous n’en avons pas et ferons sans… on chargera pendant la pause bière.

Météo

1 semaine avant

Le 6 avril 2022
  • Les températures sont négatives la nuit
  • Elles ne dépassent pas 10°C le jour
  • Il pleut non-stop
  • Les prévisions pour la semaine prochaine ne sont guère meilleures.

Nous commençons sérieusement à douter. Est ce qu’on va partir? On improvise autre chose?

Le jour J approche

2 jours avant le départ, le temps va nettement s’améliorer, les températures remonter et les prévisions s’améliorent de jour en jour… Le départ est programmé 🙂

Se lancer

Jour 1: Train et mise en jambes

Nous voilà partis en train en direction de Marbehan avec un changement à Marloie. Le train, c’est toujours une partie un peu stressante pour moi.

1er train: OK

2ème train: faut trouver le contrôleur et laisser nos vélos dans le compartiment « spécial »… mon vélo trainera sur le sol à l’arrivée :/

Nous arrivons tout de même à Marbehan pour dîner et à 13h15, c’est le grand départ en direction d’Orval, notre première abbaye trappiste.

Premiers coups de pédale et Abbaye d’Orval

Après un parcours un peu cassant et une longue descente, nous voila déjà devant l’abbaye. Elle est magnifique, mais nous sommes déçus… l’entrée est payante et il n’y rien à boire sur place. On sent le business derrière… nous n’allons pas trop nous attarder, c’est pas notre truc.

Nous irons plutôt nous installer à une terrasse un peu plus loin. On y tient à notre bière!

La prochaine montée se fera en mode « gravel » après seulement 30 km. C’est la première « grosse » montée et premier secteur gravel important. Je l’ai finalement supprimé du parcours, c’est trop compliqué avec un vélo de route.

Audrey est lessivée… la bière l’a complètement cassée et nous n’avançons presque plus.

Après réflexion, nous nous rendons compte que le spot est juste magnifique et nous décidons de nous arrêter là. Nous rattraperons le retard les autres jours. Pendant qu’Audrey fait une sieste au soleil, je déballe les bagages et commence à monter la tente. L’emplacement et l’orientation sont importants… coucher de soleil du coté de madame, lever de soleil de mon coté… tels nos rythmes (elle du soir et moi du matin).

Dès la première nuit, les oiseaux sont au rendez-vous, le coucher du soleil également. Pas de bruit humain, que la nature! On est bien.

Jour 2: Arriver au pied de la difficulté

Objectif

Arriver au pied de la difficulté de mi-voyage. Idéalement, ce serait même d’aller jusqu’au lac des vieilles forges… mais avec le retard pris la veille, on y croit pas trop.

Réveillés par les oiseaux

Nous terminons la montée pour arriver à Carignan. C’est là que nous allons faire nos premières courses et acheter du pain français… Mmmm!

A la sortie de la ville, quelques centaines de mètres de Gravel pour éviter la nationale (cette deuxième section est plus praticable… et au moins on ne risque pas de mourir sous un camion lancé à 100km/h).

Puis, la route devient de plus en plus calme et sans circulation jusque Rémilly-Aillicourt, où se trouve le départ de la première grande portion de piste cyclable qui va jusque Charleville-Méziaire (après 35km).

Cela va nous permettre de faire défiler les kilomètres, et d’arriver au pied de l’objectif de la journée. Audrey commence tout de même à stresser. Malgré le faux plat descendant, elle peine un peu… les 2 ans sans sport, elle les sent quand même… mais c’est très motivant pour s’y remettre.

Le trajet est vraiment agréable et le temps magnifique.

Notre équipement

Audrey galère un peu… et pour moi, c’est un peu facile. Lors d’un prochain voyage, je prendrai mon VTT afin de pouvoir y placer les bagages d’Audrey en plus de toutes mes sacoches. Ainsi, je serai plus lourd, et Audrey pourra rouler sans bagages (ou presque), cela équilibrera un peu plus les niveaux.

La montée

Dernier approvisionnement à Charleville-Méziaire suivi d’une pause glace. Le temps est vraiment magnifique et en totale contraste avec la semaine passée.

Afin d’anticiper une éventuelle panne de GPS, j’ai demandé au cafetier pour charger mon GPS… il ne l’a pas branché… nous risquons de perdre le guidage qui est bien pratique.

Nous entamons les montées de mi-voyage pour sortir de la ville et trouver un endroit pour bivouaquer.

Je voulais absolument passer par le lac des vieilles Forges et Rocroi… des endroits qui semblent magnifiques. Peut être l’occasion de rester un peu plus longtemps près du lac (ça c’est l’idée de départ mais avec les déboires de la première journée, c’était évident que nous n’y arriverons pas). Tout ça pour dire que je n’ai pas pu éviter les montées de mi-voyage qui ajoutent de la difficulté, mais évitent aussi les grands axes.

Le vent de face ne facilite pas la tâche. Les villages sont dans des cuvettes… cela descend fort puis remonte tout aussi sec… Ce sera à pied que nous le ferons.

Le temps de se poser

Il commence à faire tard, il est presque 19h. Alors après le deuxième village, je vais explorer les alentours pendant que madame se repose afin de trouver un endroit où dormir. On est le long de la route avec des champs clôturés partout. L’endroit idéal n’est pas évident à trouver.

Nous nous poserons finalement au bord d’Arreux, derrière la château à l’entrée de la forêt… et nous aurons même des tables pour manger. On s’installe, l’arrêt est bien mérité. A part quelques promeneurs de toutous, on est tranquille.

Jour 3: Passer les difficultés

Avantage du bivouac en forêt

  • On entend tous les bruits de la nature… pluie, vent mais aussi les animaux qui viennent manger près de la tente pendant la nuit ainsi que le chant des oiseaux.
  • On fait des rencontres… ce matin, 2 chevreuils en train de se courser autour de la tente.

Objectif:

Passer les difficultés et arriver au moins à Chimay (50km) à l’entrée de la deuxième grande portion de piste cyclable. La journée sera donc dans un premier temps difficile puis globalement descendante jusque Chimay.

Nous arrivons au lac des vieilles forges et Audrey a déjà beaucoup de mal. J’émets l’hypothèse de rester ici, profiter de la chaleur et peut-être même se baigner. Mais Audrey veut à tout prix continuer.

Et nous voici sur l’une des grosses difficultés de la journée… la montée est douce, nous la faisons à notre rythme pour arriver à Rocroi où le diner nous attend.

Après un arrêt boulangerie et le bon pain français… nous voilà en direction de l’Abbaye de Chimay… la récompense nous attend.

Il fallait s’y attendre… le GPS est mort! Je sors donc le smartphone pour plus de facilité. Je le laisse en mode guidage, l’écran allumé… grosse erreur! En 2 heures, la batterie a perdue 40%.

Abbaye de Chimay

L’abbaye de Chimay est visitable gratuitement. C’est sobre et quelques arbres centenaires nous y attendent. La pause bière se fera quelques mètres plus loin. Ce sera l’occasion de charger un peu le GPS.

Il est déjà 16h, et nous prenons la direction de Chimay (la ville), le tout en descente. Afin d’économiser le GPS, je roule maintenant sans et ne l’allume que si besoin.

Le passage à Chimay se fera rapidement, nous entamons là une nouvelle portion de piste cyclable. L’objectif de la soirée.. avancer le maximum sur cette portion très roulante pour prendre de l’avance.

Juste avant Mariembourg, la piste cyclable s’arrête au bord de l’autoroute. Aucune indication… il faudra rouler sur une route le long de l’autoroute pour trouver un pont et arriver de l’autre coté. Il est l’heure de manger… nous hésitons à manger en ville. Puis finalement, nous décidons d’aller au restaurant demain midi (le soir c’est pas l’idéal et le lendemain nous devons prendre le train à 14h35 au plus tard). Nous allons donc organiser notre journée de demain pour arriver à midi dans une ville où on trouvera quelque chose.

Nous sortons de la ville pour poser la tente dès la première aire de pique-nique trouvée (on a pris goût à la table de pique-nique). C’est idéal et il fait bon. Magnifique coucher de soleil combiné à un lever de lune.

On avance mieux et Audrey se sent mieux aussi… Il lui faut toujours 1-2 jours pour se lancer… et puis c’est parti!

Jour 4: Resto et avant-dernières difficultés

Objectif

Nous aimerions arriver à Anseremme pour dîner, ce qui va nous obliger à mettre le réveil à 6h. Les avant-dernières difficultés seront prévues durant l’après-midi.

Réveil très humide (la tente est trempée), dans le brouillard (c’est raté pour le lever de soleil) et froid (on sent les températures diminuer la nuit).

Arriver à Anseremme devrait se faire sans trop de difficultés, c’est de la piste cyclable quasiment jusque là (40km).

La piste cyclable est très belle. Attention tout de même, dès Waulsort il faudra faire les 10 derniers km sur la route. Certes pas très fréquentée, mais entre falaise et rambarde, il n’y a pas d’espace pour se poser ou vraiment s’arrêter… C’est pas top.

Nous arrivons à Anseremme pour dîner comme prévu. Nous irons à l’Atmosphère pour cette longue pause avant les difficultés et les surprises de l’après-midi.

Après un bon repas, nous ferons également les courses, car pas sûrs de trouver encore un magasin après les montées. Mais nous préférons attendre d’être en haut pour se charger en eau 😉

Ho hisse… ça monte et c’est très beau.

Arrivés en haut et après quelques passages de villes, nous voulions, à partir de Gendron, descendre dans la vallée… Après une crevaison, nous nous rendons à l’évidence, c’est impossible de pratiquer ce chemin à vélo… il faudra remonter sur Lavis pour prendre la route… c’était pas prévu au programme et il commence à se faire tard… nous avons faim.

Vers 17h45 nous arriverons tout de même à Houyet au début de la dernière portion de piste cyclable vers Rochefort.

Comme nous n’avons pas besoin de cuisiner ce soir, nous décidons de continuer un peu le chemin et trouver un bel endroit pour s’arrêter et dormir. Cet endroit tant rêvé tardera à se présenter… mais finalement on s’installe à nouveau près d’une table de pique nique…

Jour 5: Rochefort et train

Objectif

Il nous reste un peu plus de 30 km… l’idée c’est de faire ces 30 km le matin, de boire l’apéro et de prendre le train de 12h35.

Froid

On est sous la tente, il fait froid… très froid… en sortant nous découvrons qu’il y a du givre partout… sur la tente, nos vélos,…

Nous restons dans le tente pour nous habiller et manger. Le confort de la table de pique-nique ce sera pour une autre fois.

Le rangement de la tente… est vraiment difficile… les doigts sont gelés!

Finalement, nous prenons nettement moins de temps que prévu pour tout empaqueter… on prend l’habitude 😉 Et c’est parti…

1h pour se réchauffer

Le soleil n’est pas encore tout à fait visible… nous avons mis toutes les couches possibles… mais nos doigts sont gelés, et ça fait mal! Après 1h, cela commence à se réchauffer.

Abbaye de Rochefort

Arrivés à Rochefort, il est trop tôt pour boire une bière, tout est fermé. Nous entamons les quelques dernières difficultés… et complètement absorbés par l’effort et en mode « direction le train »… Nous sommes tellement sur notre lancé et sur un bon rythme que voilà, on rate l’Abbaye de Rochefort. On se consulte, mais nous décidons de ne pas faire marche arrière… elle n’est de toute façon pas accessible au public. Nous comptons toujours sur notre bière avant le train… mais nous ne sommes pas sûrs de trouver quelque chose d’ouvert le dimanche matin dans ces petits villages.

Photo de Marianna OLE

Au-dessus de Marloie (gare), la vue est magnifique, mais la prise au vent est terrible… elle nous laisse sur place.

Nous arrivons finalement à Marloie, mais il n’y rien à boire en vue… et il est 10h20… juste à temps pour prendre le train de 10h35.

Ce voyage nous a fatigué.

A améliorer:

  • Quelques portions de gravel sont impraticables avec un vélo de route. Elles sont déjà corrigées sur le tracé de cette page.
  • Plutôt que de choisir Rochefort… nous serions tentés de choisir Maredsous… là au moins, nous pourrons déguster une bière et du fromage au sein même de l’Abbaye.