Race Across Benelux 2026 : Mon aventure de 1056 km entre Amsterdam et Arlon


Pourquoi ce choix ?

En décembre 2025, après quelques hésitations, je décide de m’inscrire à la Race Across Benelux 2026. Pourquoi cette course ? Chaque année, je me fixe un objectif : participer à au moins une épreuve d’ultra-distance. Pour 2026, mon choix se porte sur cette course, et ce pour une raison simple : c’est la première édition sous le format Benelux (auparavant, elle était limitée à la Belgique). Ce changement de formule m’attire particulièrement : partir d’Amsterdam et parcourir 300 km aux Pays-Bas avant d’attaquer les reliefs belges, c’est une nouveauté pour moi.

Habitué aux Ardennes et aux parcours vallonnés du sud de la Belgique, je suis moins à l’aise sur le plat et les trajectoires rectilignes. Pourtant, c’est avec enthousiasme que je me lance dans cette aventure, avide de découvrir des paysages inexplorés.


La préparation : entre improvisation et expérience

Une semaine avant le départ, je prépare mon vélo. Avec quelques ultra-distances au compteur (dont mon Liège-Paris-Liège de 1250 km en 2025), je commence à être rodé. J’emporte le même matériel que pour un 1000 km : léger, efficace, et testé.

Je consulte rapidement le parcours, mais sans m’y attarder. Contrairement à beaucoup de coureurs qui analysent chaque détail (points de ravitaillement, lieux de repos), je préfère l’improvisation. Je compte trouver un endroit où dormir quand le besoin s’en fera sentir, plutôt que de réserver à l’avance un hébergement qui pourrait ne pas correspondre à mon rythme.

Première partie jusqu’à la base de vie à Arlon

Deuxième partie, une boucle depuis Arlon

Une seule hésitation persiste jusqu’au dernier moment : faut-il emporter un sac de couchage ? Nous sommes en période de canicule, et les températures nocturnes ne descendent pas en dessous de 15°C. Je me dis que mes vêtements + un bivy suffiront. Un sac de couchage en moins à transporter, c’est toujours ça de gagné !


Objectif : terminer, mais pas seulement

Mon objectif principal est clair : finir la course.

Mais avec un parcours plat sur les 300 premiers kilomètres, suivi d’enchaînements de côtes et d’un dénivelé important, je me fixe un défi supplémentaire : boucler la première moitié (525 km) en 36 heures. Idéalement, j’aimerais atteindre la base vie d’Arlon dans la nuit de jeudi à vendredi, m’y reposer, puis repartir frais pour la deuxième partie du parcours.


Le grand départ : Amsterdam, 27 juin 2026, 20h04

C’est le jour J ! 1056 km à parcourir en 4 jours, d’Amsterdam à Arlon. Les départs sont espacés d’une minute pour éviter les pelotons (le drafting est interdit).

Avant cela, il faut rejoindre le stade olympique d’Amsterdam, lieu de départ. L’ambiance est magique : partir de la piste du stade, sous les projecteurs, a quelque chose d’épique. Pour y arriver, j’opte pour le train, avec un départ en fin de matinée pour arriver environ 1h après l’ouverture du village départ vers 15h.

À mon arrivée, l’effervescence est palpable : des dizaines de coureurs s’affairent, vérifient leur matériel, discutent stratégie. 16h30 : c’est l’heure de la pasta party avant le briefing à 18h. Il ne reste plus qu’à patienter une heure avant le top départ.

La météo annonce 4 jours de canicule. J’adapte donc ma stratégie : faire des siestes l’après-midi pour éviter les heures les plus chaudes, et rouler davantage la nuit.


Départ : Amsterdam de nuit

La sortie d’Amsterdam est compliquée. Malgré un réseau cyclable omniprésent, la ville reste un dédale de feux rouges. Chaque arrêt et chaque relance casse le rythme. La nuit tombe, et je me laisse porter par un vent de dos qui me pousse vers Arlon. Comme souvent, je pars trop fort les premières heures…


KM 180 : La première somnolence

Vers 5h du matin, une sensation nouvelle m’envahit : la somnolence. Pour la première fois, je ressens cet état de fatigue extrême sur le vélo. Pas question de prendre des risques : dès que j’aperçois un banc accueillant dans un village, je m’arrête. Je m’endors rapidement, bercé par le chant d’une grive musicienne. Après une nuit à écouter les grenouilles, c’est au tour des oiseaux de me veiller !

Après 45 minutes de repos, je repars… mais les 300 premiers kilomètres sont un calvaire. Je m’arrête souvent, mon dos me fait souffrir. Comment vais-je tenir ?

Je n’aime pas le plat, ni les lignes droites des Pays-Bas. Et avec le soleil qui se lève, la chaleur devient insupportable. Ma température corporelle monte, je « bout » littéralement. Pourtant, je suis en avance sur mon timing. Mais la pression monte : je suis déjà en retard sur mes objectifs initiaux.

Néanmoins, les pistes cyclables néerlandaises sont impressionnantes : un réseau secondaire totalement indépendant des routes, où l’on se sent en sécurité.


KM 300 : Maastricht, le changement de paysage

Enfin, le paysage évolue. Les montées s’enchaînent, et c’est ce que je préfère ! Le moral remonte.


Base de vie à Arlon (KM 525) : un repos perturbé

J’arrive à Arlon vers 5h le vendredi, avec un léger retard sur le programme. Première priorité : recharger mes batteries, puis prendre un bon repas et une douche (froide, bien sûr !). Enfin, une sieste s’impose.

Mais c’était sans compter sur le départ du 500 km à 9h… Le bruit des coureurs qui s’élancent m’empêche de dormir. Je décide donc de repartir immédiatement et de dormir sur le parcours. Ce n’était pas prévu, mais je m’adapte. Dommage, j’aurais aimé me reposer dans un endroit calme.

Autre problème : mes batteries ne sont pas complètement chargées. Je vais devoir m’arrêter plus tard pour les recharger, ce qui n’était pas dans mes plans.


Vendredi : 128 km et une nuit sous les étoiles

Je démarre à 9h avec les coureurs du 500 km. J’ai déjà roulé toute la nuit, et la journée s’annonce encore caniculaire. Mon objectif : enchaîner au moins 125 km pour ne laisser que 200 km par jour pour les deux dernières journées.

Je parviens à atteindre cet objectif de justesse (128 km), puis je trouve une table de pique-nique pour dormir. Après un bon ravitaillement, je me couche vers 21h30, réveil programmé à 1h30 pour profiter de la fraîcheur nocturne.

Les doutes sont toujours là : seulement 128 km dans la journée (sans compter la nuit), et mon mal de dos persiste. La route est encore longue…


Samedi : 246 km et une chapelle providentielle

Je démarre à 2h du matin pour rouler toute la nuit. Le matin est difficile : les kilomètres pèsent, et j’avance lentement. Mon objectif du jour : 200 km minimum, mais j’espère en faire 250 pour ne laisser que 150 km pour le dimanche.

C’est aussi le jour de la recharge de ma batterie. Je dois m’arrêter 2h pour manger et me brancher. Vers 12h30, je trouve un restaurant dans les hauteurs de Chimay. Parfait pour un poulet-frites et un coup de fil à Audrey et mes filles. Ici, c’est plein soleil et 30°C, alors qu’à la maison, c’est déluge et orages depuis le matin.

L’après-midi est catastrophique. La chaleur m’accable, et je n’arrive pas à redémarrer après le repas. Je m’arrête à Chimay pour faire mes achats pour la nuit et repars péniblement… La motivation revient doucement.

Vers 21h, je m’arrête pour manger mon sandwich. Les orages tournent autour de moi. Je cherche un abri pour dormir, mais le premier que je trouve est insalubre (un abribus transformé en poubelle). Je continue, de plus en plus inquiet à l’idée de me retrouver sous un orage.

Et là, gros coup de chance : à la sortie du village, une chapelle… ouverte ! 10 m² à l’abri, protégés du froid et de la pluie. C’est inespéré. Je m’arrête sans hésiter, même si j’aurais pu rouler encore quelques kilomètres.

Bilan de la journée : 246 km parcourus, il m’en reste 160 pour le dimanche. Je décide de me lever à 2h30 pour finir en beauté.


Dimanche : L’arrivée en apothéose

Au réveil, le temps est magnifique, et je me sens en forme. Mais après quelques dizaines de kilomètres, les orages reviennent. Je fonce vers l’un d’eux… et cherche désespérément un abri. Après plusieurs villages, je trouve enfin un abribus fermé. 15 minutes plus tard, c’est le déluge. Le timing est parfait : c’est l’occasion de me reposer et me restaurer. Je reste là 1h, le temps que l’orage passe.

Quand le beau temps revient, la motivation explose : l’arrivée est proche ! À 60 km du but, un enchaînement de 3 côtes bien raides me rappelle à la réalité. Mais les 50 derniers kilomètres défilent rapidement. Arlon est en vue !

Ces deux derniers jours, plus de mal de dos ! Les douleurs musculaires apparaissent, mais rien d’alarmant. Et bien sûr, le classique mal aux fesses est toujours là…


Conclusion : L’ultra-distance, une école de vie

Le schéma est toujours le même sur ce type d’épreuve :

  • Le début est difficile, même quand on se sent en forme. Les doutes sur la distance à parcourir sont omniprésents.
  • Passé la moitié, les doutes laissent place à la fatigue musculaire.

Ce qui me fait vibrer dans ces moments ? Le silence de la nuit, les sons des animaux. Cette Race Across Benelux restera marquée par les chants des grenouilles aux Pays-Bas et les oiseaux au petit matin. C’est aussi l’occasion de croiser renards, lièvres, biches, fouines, hérissons… Toujours un bonheur de les observer sur son chemin.

La Race Across Series est aussi l’occasion de voir et parler avec Arnaud Mazanini que j’écoute chaque semaine…


Enseignements pour les prochaines aventures

  1. Gestion de l’effort :
    • Maintenir mon rythme cardiaque entre 120 et 140 bpm tout au long du parcours, même les premières heures. Ne pas partir trop vite pour éviter de « cramer ».
  2. Matériel :
    • Pas besoin de sac de couchage si les températures ne descendent pas en dessous de 15°C. Par contre, toujours emporter une veste chaude : la fatigue peut rendre sensible au froid, même dans des zones tempérées.
    • Acquérir une roue dynamo pour ne plus dépendre des arrêts pour recharger les batteries. Je préfère recharger mes batteries physiques ET mentales dans des endroits calmes, loin de l’agitation.
    • Remplacer mon feu arrière (le seul appareil en micro-USB) par un modèle USB-C pour uniformiser mes câbles.
  3. Alimentation :
    • Les yaourts passent parfaitement. En revanche, stop aux produits dans les boissons : ça n’apporte rien, et c’est mauvais pour l’estomac. L’eau suffit !
    • Privilégier les repas à emporter pour manger dans des endroits choisis avec soin, qui rechargent aussi le mental.
  4. Matériel à ajuster :
    • La saccoche top-tube est un peu trop longue et présente un petit trou… à remplacer ou réparer?
  5. Préférence confirmée :
    • J’adore rouler de nuit ! 🌙

Et toi, as-tu déjà tenté une ultra-distance ? Quels sont tes conseils pour gérer la fatigue et le matériel ? 🚴‍♂️

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