Dernière course ultra de la saison : un « petit » 750 km sur la Borderline700 Roubaix Edition pour clore cette année.
Avant la course
Pas beaucoup de préparation, je suis un peu surchargé de travail. Alors je me laisserai guider par la trace.
Le départ se fait le vendredi matin à 10h de Gouda. C’est-à-dire à 3h de route… impossible d’y aller en transport en commun. Ce sera en voiture avec un réveil à 4h30 pour ne pas être dans le stress. Mais stress, il y aura quand même. C’est souvent ainsi, tant que je ne suis pas sur la ligne de départ. J’ai toujours au fond de moi, une petite voie qui me dit qu’il peut arriver plein de chose m’empêchant d’arriver à bon port.
Après le départ, je suis dans ma course, concentré et dans un autre monde… et plus d’inquiétudes. C’est un peu paradoxal, quand tu pars pour 750 km avec juste un vélo, un peu de matos, de ne plus être inquiété par l’imprévu et les aléas.
Les aléas font partis de la course…! Avant la course et après le départ sont deux moments bien distincts et le stress est radicalement différent.
Le parcours
Ce parcours est très plat : à peine 3 200 m de dénivelés positifs sur les 750 km. Concrètement, c’est totalement plat pendant près de 200 km, puis vient un passage vallonné et pavé de 200 km, et finalement, on termine par 350 km de plat. Et ce sera le plus grand défi de cette course : garder le moral malgré le plat et ces longues routes rectilignes et monotones.




Mon objectif de départ, ambitieux, est de terminer en 48 h … à voir si j’y arrive!
Après la course, l’intersaison!
La décision est prise depuis quelques mois déjà. Je profite de l’intersaison pour effectuer une étude posturale sur mon vélo, afin de le régler et de le calibrer à la perfection. J’ai toujours mal au dos sur ces longues distances (j’en parle déjà depuis quelques années); même si je pense que le problème est digestif plutôt que postural, ce genre d’étude vaut toujours la peine d’être faite… avant que des symptômes plus profonds n’apparaissent.
Les douleurs au dos se sont nettement améliorées depuis l’automne 2025: elles ont totalement disparu au quotidien, mais reviennent de temps en temps lors des longues sorties. C’est grâce à un régime alimentaire plus strict que la situation s’est améliorée (jeûne intermittent, élimination des aliments pro-inflammatoires : sucres, charcuteries, fromages…). Je vais donc durcir encore un peu ce régime.
Afin d’évaluer ma progression et de bien me préparer aux courses 2027, je vais également effectuer un entraînement de plus de 100 km par mois. Le petit défis régulier pour me maintenir en forme et stimuler la période hivernale… et pourquoi pas une Festive500 cette année?
Le temps des fêtes de fin d’année est fait pour nous permettre de souffler un bon coup avant de redémarrer une nouvelle année sur les chapeaux de roues. Mais bien souvent cette période devient très chargée et il est parfois difficile de se recentrer. C’est pourquoi nous décidons chaque année de relever un défi de taille au mois de décembre, entre le 24 et le 31. Il ne s’agit pas juste d’un défi physique. C’est au contraire un moment propice à la réflexion, une escapade pour prendre du temps pour soi au cœur de l’agitation des fêtes. Et nous, ce temps de grâce, nous décidons chaque année de le consacrer à rouler pour couvrir 500 kilomètres, sur huit jours. Puisque le temps est précieux. Dépensez-le avec sagesse.
Mais venons en à la course
Coté Météo
Il fera beau pour les 3 jours sur le parcours et surtout, il fera chaud pour la saison. Les températures ne descendront pas en dessous de 10°C la nuit… de ce coté, pas de soucis.
Par contre, il est prévu un vent d’environ 50 km/h Sud/Ouest-Nord/Est… il sera donc globalement de face à l’allée et de dos au retour. Il faudra gérer ce paramètre.
Du départ au CP1
La course démarre à Gouda, à plus de 200km de Liège… ce sera donc un premier stress et un réveil matinal pour arriver à temps à la course vendredi matin. L’idéal aurait été de dormir sur place la nuit avant afin d’être mieux reposé. J’arrive évidemment bien à l’avance ce qui me laisse le temps de me préparer tranquillement.
Le départ approche et se passe plutôt bien : nous sommes quasi tous à fond de balle dès les premiers kilomètres, poussés par un vent de dos. Mais très vite, la route tourne vers le Sud/Est, avec ce vent de face à près de 50 km/h. Mes espoirs de terminer en 48 h s’envolent… je me demande même si j’arriverai au bout. Avec un tel vent, l’effort est intense pour ne progresser qu’à 20 km/h ! Le parcours longe les canaux en Belgique, avec une prise au vent maximale : la lutte durera 150 km, jusqu’au premier point de passage. Clairement, je suis en retard sur le programme. Mon seul espoir : il est prévu que le vent ne change pas du week-end… et que nous l’aurons donc tous dans le dos au retour !


J’arrive au CP1 en début de nuit. Moment idéal pour se ravitailler, se reposer un peu pour entamer la nuit.
CP1 au CP2 – Vélodrome de Roubaix




Après un bref ravitaillement, je repars en début de nuit en direction de Roubaix et de son deuxième point de passage. J’espérais passer la première nuit sans dormir, mais la fatigue d’une semaine et d’un mois de travail intense ont eu raison de moi : je m’arrête 3 h pour dormir un peu. Et puis c’est reparti pour rejoindre Roubaix et son vélodrome. Avant cela, quelques passages de secteurs pavés — obligatoires à Roubaix !
La satisfaction d’arriver au vélodrome est immense, même si je n’ai pas le temps de m’attarder. D’après mon programme, je devais arriver au petite heure du matin au CP2. La journée est finalement bien là, faute au vent.
Il est encore tôt, et l’énergie du matin me donne des ailes : il faut profiter de la journée ! Cette partie du parcours est vallonnée et moins ennuyeuse. Et en plus, dans quelques dizaines de kilomètres, on change de direction pour avoir le vent dans le dos… mais avant cela, à la sortie de Roubaix, encore quelques sections pavées.






CP2 au CP3
Cette partie toujours plate et un peu monotome, nous fait tout de même passer par quelques villages bucoliques.
Le changement de direction est un soulagement : le vent est désormais dans mon dos et l’effort moins intense. J’avance aussi plus vite et l’espoir de faire un temps revient petit à petit. Je m’approche du CP3 en début de soirée et je décide de me ravitailler pour trouver quelques provisions pour le nuit. Au CP3, un canapé me tente, je fais une micro-sieste de 20 minutes avant de repartir en direction d’Anvers et me lancer sur les 240 dernier km du parcours.
CP3 au finish!
Très vite, nous voilà à traverser Anvers. Là, je prends un tunnel qui passe sous un cours d’eau… mon GPS n’a rien compris (le trait du parcours se trouve sur le canal)! Et moi, j’étais un peu perdu — je ne savais pas que c’était possible, mais nous roulerons bien sous le canal. La sortie de ville sera difficile pour plusieurs raisons : des dizaines de kilomètres d’industrie pétrochimique, des ports, des usines… C’est interminable, et l’éclairage et le bruit de ces industries fait peur — on se croirait en plein jour ! Cette zone industrielle est une ville à elle seule. Je me dépêche de quitter cet endroit le plus vite possible.
Mais à la sortie, mauvaise surprise: c’est le pire moment de la nuit, celui où la fatigue se fait vraiment sentir et où quelques heures de sommeil ne seraient pas de refus… Mais c’est sans compter le changement de direction, qui me remet un vent de trois quarts face ! Pas un arbre, rien pour se protéger pendant plusieurs dizaines de kilomètres… et des bourrasques puissantes qui m’oblige à bien tenir mon vélo pour ne pas perdre l’équilibre. Ces kilomètres ont été très longs. Je finis tout de même par trouver un mur bien placé et, à côté d’un banc… pour dormir ! Trois heures de sommeil plus, et je repars au petit matin dans ce territoire tout plat.

Le paysage est beau : beaucoup de canaux, des pistes cyclables partout, des aménagements pour cyclistes qui évitent le mélange avec la circulation automobile, des éoliennes, beaucoup de zones vertes, et rien, absolument rien pour s’abriter. Tout cela est motivant, même si la fatigue se fait sentir et le début des crampes aussi.



La fin est démentielle : à environ 10 km de l’arrivée, un autre participant me dépasse. Je décide de garder mes distances, mais de le garder en vue. Je suis plutôt bien, mais cela ne sert à rien de commencer à accélérer pour le dépasser (d’autant plus que vu les départs par vague, passer devant lui, ne me fera pas gagner de place). Mais à 5 km de l’arrivée, il se trompe de chemin… Je le vois faire demi-tour, je prends la bonne direction. Là, les calculs se font très vite : je me donne à fond, je regarde les kilomètres qu’il me reste et le temps dont je dispose pour terminer en moins de 50 h… Je m’arrache, et je boucle finalement le parcours en 49 h 58 min.
Satisfaction!


L’objectif de 48 h n’aura pas été atteint, mais je ressens tout de même une immense joie d’avoir terminé en moins de 50 h.
L’organisation
Un petit mot sur l’organisation : géniale, très chaleureuse à chaque point de passage et à l’arrivée. Et pour moi, le vrai plus, c’est le pack Finisher… qui comportait évidemment un rond de Gouda, mais aussi un super poster du parcours et surtout un sticker à coller sur le cadre du vélo pour marquer notre réussite. Je trouve l’idée géniale, et je sens que je vais commencer à décorer mon vélo !


En termes d’amélioration
- Ravitaillement : privilégier les barres énergétiques chocolatées ou les pâtes de fruits. Le reste ne passe vraiment pas : quand j’en ai marre de manger, il me faut des aliments qui passent facilement… et le goût chocolat passe tout seul 😀 Prévoir le stock de barres indiqué : même si je ne mange pas tout durant le parcours, c’est aussi une réserve au cas où je traverse une zone déserte (sans commerces), ou la nuit, quand tout est fermé et que je n’ai pas su anticiper.
- Nougat : c’est sympa, mais autant acheter un croissant en passant devant une boulangerie plutôt que de trimballer des nougats en plus.
- Crampes : c’est la première fois que je ressens un début de crampe en fin de course… Je pense que c’est directement lié au fait que c’est aussi la première fois que je ne roule qu’avec de l’eau dans mes bidons, pour tester l’impact sur ma digestion. Résultat : aucune incidence sur la digestion, mais quelques carences qui ont provoqué ces crampes. Je repartirai donc avec des boissons énergisantes et tout l’apport d’oligoéléments nécessaire à un effort intense.
- Hydratation pré-course : l’excitation et le stress du départ provoquent toujours une certaine déshydratation avant même de démarrer. Pour la prochaine course, je prendrai des solutions d’hydratation les jours précédents afin de ne pas partir avec un manque d’eau.
- Matériel : nouveau sac de couchage — il est compact et tient bien chaud… ça va me changer la vie !
- Parcours plat : prévoir l’ennui ! Avoir de quoi écouter des podcasts ou de la musique.
- Boire plus : j’ai bu 12 L sur les 50 h de vélo… c’est clairement trop peu, j’aurais dû en boire au moins le double ! Lors de déshydratation, en plus de diminuer les performances, la digestion des aliments est réduite, avec d’importantes conséquences sur leur assimilation. Une piste pour les prochaines courses : repérer à l’avance sur la carte des points d’eau à intervalles réguliers. Double objectif : 1) intégrer des points de pause imposés, qui me poussent jusqu’à ces points et me rassurent quant à la présence d’eau ; 2) en arrivant à quelques dizaines de kilomètres de ces points, je peux vider mes gourdes, m’obligeant ainsi à boire sans craindre le manque ensuite, puisque je sais qu’il y aura de l’eau au prochain point de ravitaillement. Sans cela, j’ai tendance à toujours garder de l’eau dans mes gourdes au cas où je ne trouverais pas de point d’eau une fois tout bu :/
Photo de ouwrens, Hannah, @JustdroneNL, @Sportfotografie_SVDC and @Vova_TRNL. Merci!
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